Ouvrir une franchise en 2027 : les réseaux qui recrutent par secteur
La franchise a franchi le cap du million d’emplois en France, avec 1 018 038 emplois et 93,71 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice 2025 (Fédération française de la franchise, indicateurs publiés en mars 2026). Mais tous les secteurs ne recrutent pas au même rythme : quatre sur cinq ouvrent des points de vente, trois en ferment. Voici où se situent les opportunités pour une implantation en 2027, et ce qu’il faut vérifier avant de signer.
À qui s’adresse cet article ?
Aux porteurs de projet qui envisagent de rejoindre un réseau plutôt que de créer seuls, et qui veulent savoir quels secteurs ouvrent réellement des points de vente. Une précision de méthode : il n’existe aucun palmarès officiel des enseignes qui recrutent, nous raisonnons donc sur les dynamiques sectorielles mesurées par la Fédération française de la franchise.
En bref (mis à jour le 6 octobre 2026)
- La franchise pèse 93 395 points de vente (+2,9%) et 93,71 Md€ de chiffre d’affaires (+4,9%) sur l’exercice 2025, soit près du double de la croissance moyenne des entreprises françaises.
- Les secteurs qui ouvrent le plus de points de vente : hôtellerie (+13,9%), bâtiment et formation (+12,9%), commerces divers (+10,8%), nettoyage (+7,5%), services aux personnes (+6,0%).
- Trois secteurs reculent : l’équipement de la personne (-9,6%), les voyages (-7,8%) et l’immobilier (-7,5%).
- L’alimentaire reste le premier secteur en volume avec 19 198 points de vente franchisés et 31,66 Md€ de chiffre d’affaires.
- Le franchiseur doit vous remettre le document d’information précontractuelle au moins 20 jours avant la signature ou avant tout versement.
1. Le paysage de la franchise en quatre chiffres
Les derniers indicateurs disponibles portent sur l’exercice 2025 et ont été publiés par la Fédération française de la franchise en mars 2026. Les suivants ne sortiront qu’en mars 2027 : c’est sur cette photographie que se construisent les projets d’ouverture 2027.
93 395
points de vente franchisés, soit 2 605 unités de plus en un an (+2,9%)
93,71 Md€
de chiffre d’affaires, en hausse de 4,9% sur un an
1 018 038
emplois directs et indirects, le cap du million franchi pour la première fois
2 035
réseaux actifs, en repli de 2,5% : les enseignes se consolident
Le contraste avec la conjoncture générale est net. Sur la même période, le produit intérieur brut français progresse de 0,9%, le chômage remonte à 7,9% et les défaillances d’entreprises atteignent 68 564 unités. La franchise, elle, affiche 4,9% de croissance de chiffre d’affaires, soit près du double de la progression moyenne des entreprises françaises (+2,5%).
Une précision sur le recul du nombre de réseaux, qui peut surprendre : la Fédération l’attribue aux défaillances dans l’équipement de la personne, c’est-à-dire principalement le prêt-à-porter. Le nombre de points de vente, lui, continue de progresser. Les enseignes se regroupent et se renforcent au lieu de se multiplier, ce qui n’est pas le même phénomène qu’un essoufflement du modèle.
2. Les six secteurs qui ouvrent le plus de points de vente
C’est l’indicateur le plus utile pour un porteur de projet : un secteur qui ouvre des unités est un secteur où les enseignes cherchent des candidats et des emplacements. Voici les six premiers, classés par progression du nombre de points de vente franchisés en 2025.
+13,9%
Hôtellerie
2 515 points de vente, 2,82 Md€ de CA. Le secteur revient au premier plan avec la plus forte progression du parc, et une offre désormais complète sur toutes les gammes.
+12,9%
Formation
Seul secteur en progression sur les trois indicateurs à la fois : CA (+18,6%), nombre d’enseignes (+6,9%) et points de vente. Porté par la reconversion professionnelle.
+12,9%
Bâtiment
2 481 points de vente, 2,22 Md€ de CA, et la deuxième progression du nombre d’enseignes (+4,2%). Rénovation, isolation, aménagement intérieur et extérieur.
+10,8%
Commerces divers
7 895 points de vente, 9,64 Md€ de CA. Une catégorie très large qui regroupe fleurs, jouets, loisirs, high-tech, téléphonie, achat-vente et seconde main.
+6,0%
Services aux personnes
10 671 points de vente et 295 enseignes, le plus grand choix de réseaux du marché. Deuxième meilleure progression de CA (+9,6%).
+5,3%
Alimentaire et restauration rapide
Les deux progressent au même rythme et totalisent près de 30 000 points de vente. L’alimentaire reste premier en volume : 19 198 unités et 31,66 Md€, soit un tiers du CA de la franchise.
Pour une implantation en centre-ville, deux de ces secteurs se détachent nettement. L’alimentaire d’abord, très majoritairement exploité en pied d’immeuble, et qui concentre à lui seul un tiers du chiffre d’affaires de la franchise française. Les services aux personnes ensuite, avec 295 enseignes référencées, soit le choix de réseaux le plus large tous secteurs confondus, et des formats qui s’accommodent de surfaces modestes.
3. Les trois secteurs qui se contractent
La symétrie est utile : savoir où le marché se retire évite de se tromper de créneau. Trois secteurs perdent des points de vente en 2025. L’équipement de la personne, essentiellement le prêt-à-porter, recule de 9,6% en points de vente, de 7,9% en nombre d’enseignes et de 3% en chiffre d’affaires : c’est ce secteur qui explique à lui seul la baisse du nombre de réseaux au niveau national. Les voyages perdent 7,8% de points de vente et 10,6% de chiffre d’affaires.
Le cas de l’immobilier mérite d’être lu avec attention, car il est contre-intuitif. C’est le seul secteur qui gagne des enseignes (+3,0%, troisième meilleure progression) tout en perdant des points de vente (-7,5%) et du chiffre d’affaires (-2,3%). L’explication de la Fédération est simple : de nouvelles enseignes du secteur débutent leur développement en franchise, sur un marché qui se contracte par ailleurs. Autrement dit, l’offre de réseaux augmente au moment où le marché sous-jacent se réduit, ce qui appelle une vigilance particulière sur les prévisionnels.
Bon à savoir : un secteur en recul national n’est pas une impasse locale. Le prêt-à-porter recule en France, mais un centre-ville où l’offre homme ou enfant est absente reste un marché à prendre. Le bon réflexe consiste à croiser la dynamique nationale du réseau avec l’offre réellement présente sur le territoire visé.
4. La tendance à connaître : la conversion et la reprise
Deux mouvements de fond changent la façon d’entrer dans un réseau, et ils sont particulièrement favorables aux centres-villes.
Le premier est la conversion des points de vente intégrés en franchise. La Fédération pointe un recentrage stratégique marqué de la grande distribution, qui convertit une partie de son réseau en propre, notamment sur les formats de proximité et les supermarchés. Le même mouvement est à l’œuvre chez les enseignes d’équipement de la maison et du bâtiment. Concrètement, pour un candidat, cela signifie que des emplacements existants et déjà exploités se libèrent, avec un chiffre d’affaires historique connu, ce qui réduit considérablement l’incertitude par rapport à une création.
Le second est la montée de la reprise comme voie d’entrée. Lors de Franchise Expo Paris 2026, qui a réuni 31 937 participants et 550 exposants en mars dernier, 131 enseignes proposaient des opportunités de reprise de points de vente franchisés, et six conférences y étaient consacrées. On n’ouvre plus seulement, on reprend. Si cette piste vous intéresse, notre comparatif franchise ou commerce indépendant pour un repreneur pose les bons termes du choix.
5. Ce que coûte réellement l’entrée dans un réseau
Première précision, importante : la Fédération française de la franchise ne publie pas de moyennes officielles de droit d’entrée, d’apport ou d’investissement. Les repères qui suivent proviennent de la presse spécialisée et doivent être lus comme des ordres de grandeur professionnels, pas comme des statistiques.
Le droit d’entrée se situe le plus souvent entre 10 000 et 20 000 €, avec une moyenne couramment avancée autour de 15 000 €, et des pointes jusqu’à 50 000 € en restauration rapide. Les redevances courantes s’échelonnent de 0 à 9% du chiffre d’affaires pour l’exploitation, auxquels s’ajoutent 1 à 3% au titre de la communication. L’investissement global va de quelques milliers d’euros pour un concept de services sans local à plus de 500 000 € pour certains formats, la restauration rapide se situant plutôt entre 150 000 et 400 000 €. Les banques demandent généralement un apport personnel représentant 20 à 30% de l’investissement global, parfois jusqu’à 40%.
Une confusion très fréquente mérite d’être levée : le droit d’entrée est inclus dans l’investissement global, il ne s’y ajoute pas. Sur un projet à 100 000 €, il faut donc réunir environ 30 000 € d’apport, droit d’entrée compris. Pour construire ce plan de financement, notre article sur les aides locales et régionales méconnues pour ouvrir un commerce recense les dispositifs mobilisables en complément.
6. Les 20 jours qui protègent votre engagement
C’est la protection légale la plus concrète dont dispose un candidat à la franchise, et trop peu l’utilisent vraiment. La loi Doubin du 31 décembre 1989, codifiée à l’article L330-3 du code de commerce, impose au franchiseur de remettre un document d’information précontractuelle, accompagné du projet de contrat, au moins 20 jours avant la signature ou avant tout versement d’argent, y compris un simple acompte de réservation de secteur. Ce délai est d’ordre public : il ne peut pas être raccourci, même avec votre accord.
Le contenu du document est fixé par l’article R330-1 du code de commerce. Voici ce que vous devez y trouver, et vérifier ligne à ligne.
Votre checklist du document d’information précontractuelle
- ☐ Identité de l’entreprise, forme juridique, capital, dirigeant, et comptes annuels des deux derniers exercices.
- ☐ Marque concédée, date d’enregistrement, numéro au registre national des marques, durée de la licence si la marque est elle-même exploitée sous licence.
- ☐ Les cinq principales domiciliations bancaires du franchiseur.
- ☐ Ancienneté, expérience sur les cinq dernières années, état du marché général et local et perspectives.
- ☐ Liste des exploitants du réseau avec leurs adresses, et nombre de contrats résiliés l’année précédente.
- ☐ Durée du contrat, conditions de renouvellement, de résiliation et de cession, champ des exclusivités, montant des investissements spécifiques à l’enseigne.
Un point de droit à connaître, car il est souvent mal compris : l’absence ou l’insuffisance du document n’entraîne pas automatiquement la nullité du contrat. La Cour de cassation a jugé le 20 mars 2007 que les juges ne pouvaient pas déduire un vice du consentement du seul manquement du franchiseur à son obligation d’information. Il faut démontrer une erreur, un dol ou une violence ayant déterminé le consentement. En revanche, la jurisprudence est ferme sur les prévisionnels : des comptes grossièrement erronés peuvent caractériser un dol (Cour de cassation, 1er décembre 2021), et les clauses par lesquelles un franchiseur s’exonère de ses propres prévisionnels sont réputées non écrites.
Le meilleur usage de ces 20 jours reste le plus simple : appelez plusieurs franchisés de la liste, en particulier ceux qui ont quitté le réseau. Notre article sur les cinq questions essentielles à se poser avant de devenir franchisé détaille ce qu’il faut leur demander.
À retenir : la fiche express
| Secteurs qui ouvrent le plus | Hôtellerie (+13,9%), formation et bâtiment (+12,9%), commerces divers (+10,8%), nettoyage (+7,5%), services aux personnes (+6,0%) |
| Secteurs en recul | Équipement de la personne (-9,6%), voyages (-7,8%), immobilier (-7,5%) |
| Le plus gros en volume | Alimentaire : 19 198 points de vente, 31,66 Md€, un tiers du CA de la franchise |
| Le plus de choix de réseaux | Services aux personnes : 295 enseignes, devant l’équipement de la personne (316 enseignes mais en repli) |
| Apport à prévoir | 20 à 30% de l’investissement global, droit d’entrée compris (ordre de grandeur professionnel) |
| Le réflexe juridique | Exiger le document d’information précontractuelle 20 jours avant toute signature et tout versement |
Questions fréquentes
Q : Quels secteurs de la franchise ouvrent le plus de points de vente ?
R : En 2025, l’hôtellerie arrive en tête avec +13,9% de points de vente franchisés, devant le bâtiment et la formation (+12,9% chacun), les commerces divers (+10,8%), le nettoyage (+7,5%) et les services aux personnes (+6,0%). En volume brut, l’alimentaire reste de loin le premier secteur avec 19 198 points de vente, devant les services automobiles (11 486) et les services aux personnes (10 671). Source : Fédération française de la franchise, indicateurs 2025 publiés en mars 2026.
Q : Combien faut-il apporter personnellement pour ouvrir une franchise ?
R : Il n’existe pas de moyenne officielle publiée par la Fédération française de la franchise. La règle bancaire couramment appliquée est un apport personnel de 20 à 30% de l’investissement global, parfois jusqu’à 40%. Sur un projet à 100 000 €, il faut donc compter environ 30 000 € d’apport. Le droit d’entrée, souvent situé entre 10 000 et 20 000 €, est inclus dans l’investissement global et ne s’y ajoute pas.
Q : Qu’est-ce que le DIP et quand doit-il m’être remis ?
R : Le document d’information précontractuelle est imposé par la loi Doubin, codifiée à l’article L330-3 du code de commerce. Il doit vous être remis, avec le projet de contrat, au moins 20 jours avant la signature ou avant tout versement, y compris un acompte de réservation de secteur. Ce délai est d’ordre public et ne peut pas être raccourci. Son contenu est fixé par l’article R330-1 : identité et comptes des deux derniers exercices, marque, état du marché local, liste des exploitants, nombre de contrats résiliés l’année précédente, durée et conditions du contrat.
Q : Est-on plus solide en réseau qu’en indépendant ?
R : Les données disponibles vont dans ce sens, avec une réserve d’ancienneté à signaler. Selon l’INSEE, dans le commerce de détail, 74% des entreprises créées au sein d’un réseau d’enseigne étaient encore en activité cinq ans après leur création, contre 58% hors réseau. Cette étude porte sur les entreprises créées en 2014 et a été publiée en août 2022 : c’est la dernière mesure disponible sur ce découpage, et elle ne distingue pas la franchise des groupements. Par ailleurs, 92% des franchisés recommandent le modèle, en progression de 4 points sur un an (22e enquête annuelle Banque Populaire et Fédération française de la franchise, terrain fin 2025).
Offres immo à saisir
Des locaux de centre-ville adaptés à l’implantation d’une enseigne, sur nos territoires partenaires.
Le Havre (76)Local commercial neuf de 153 m² à vendre ou à louer, quartier des Halles centrales
Saint-Omer (62)Local commercial de 108 m² à louer en hyper-centre
Brive-la-Gaillarde (19)Local commercial de 150 m² à louer en centre-ville
Sources et références
Les chiffres de cet article proviennent des publications officielles de la profession, datées et vérifiables.
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Amy Dauphin est responsable de la mission commerce au sein du Pôle Implantation Commerce (PIC). Forte de sa connaissance approfondie des besoins des territoires, elle qualifie les projets d’implantation et maîtrise les réseaux d’enseignes et de franchises en développement. Depuis 2022, elle a accompagné plus de 500 projets d’implantation à travers la France, en partenariat avec les CCI, les collectivités et les réseaux de franchise. Amy partage régulièrement son expertise à travers des articles et guides pratiques destinés aux entrepreneurs et aux décideurs locaux.
