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Le coût réel pour ouvrir un commerce : budget détaillé poste par poste


Plan de travail avec calculatrice, carnet de chiffres et plans d'aménagement d'un local commercial

Combien faut-il vraiment pour ouvrir un commerce ? La question n’a pas de réponse unique, mais elle a des repères chiffrés, et ils sont bien plus précis qu’on ne le croit sur certains postes : droits d’enregistrement, dépôt de garantie, frais d’immatriculation, taux de crédit. Sur d’autres, les travaux ou le stock initial, aucune statistique publique n’existe, et mieux vaut le savoir avant de bâtir un prévisionnel sur des chiffres trouvés en ligne. Voici le budget poste par poste, avec ce qui est vérifiable et la méthode pour chiffrer le reste.

À qui s’adresse cet article ?

Aux porteurs de projet qui construisent leur plan de financement et veulent distinguer les coûts réellement documentés des ordres de grandeur qui circulent. Chaque montant est daté et sourcé, et les postes pour lesquels aucune donnée publique n’existe sont signalés comme tels, avec la méthode pour les chiffrer.

En bref (mis à jour le 13 octobre 2026)

  • Le commerce a enregistré 172 600 créations d’entreprises en 2025, en hausse de 11% sur un an (INSEE, janvier 2026).
  • Depuis la loi du 26 mai 2026, le dépôt de garantie d’un bail commercial ne peut plus excéder un trimestre de loyer, et doit être restitué dans les trois mois suivant la remise des clés.
  • Les droits d’enregistrement sur une cession de fonds sont progressifs : 0% jusqu’à 23 000 €, 3% jusqu’à 200 000 €, 5% au-delà.
  • Les banques attendent un apport personnel d’environ 30% du besoin de financement (Bpifrance Création, mai 2026), et le taux moyen des crédits nouveaux de moins d’un million d’euros s’établit à 3,86% en juillet 2026.
  • Attention à une erreur très répandue : l’ACRE n’est plus une exonération de 50%, mais de 25% depuis le 1er janvier 2026.

172 600

créations d’entreprises dans le commerce en 2025, en hausse de 11% (INSEE, janvier 2026)

30%

d’apport personnel attendu par les banques sur le besoin de financement (Bpifrance Création, mai 2026)

3,86%

de taux moyen sur les crédits bancaires nouveaux de moins d’un million d’euros (Banque de France, juillet 2026)

1. Le point de départ : ce que déclarent réellement les créateurs

Avant d’aligner des postes de dépense, un cadrage s’impose, et il surprend souvent. Selon l’enquête SINE de l’INSEE menée auprès de la cohorte des créateurs de 2022, 37,5% d’entre eux déclaraient n’avoir mobilisé aucun moyen financier au démarrage, et 57,8% moins de 1 000 €. Seuls 12,4% avaient réuni 16 000 € ou plus. Le chiffre change radicalement quand on isole les créateurs en société : 39,1% d’entre eux démarrent avec 16 000 € ou plus.

Cette donnée, dont la mesure porte sur 2022 et qui a été publiée en octobre 2024, dit une chose essentielle : la distribution des budgets d’ouverture est extrêmement étalée. Un commerce de services sans local et un restaurant en emplacement numéro un ne relèvent pas du même ordre de grandeur, et toute « moyenne » globale serait trompeuse. Le bon réflexe n’est pas de chercher un chiffre unique, mais de construire son propre budget poste par poste.

Le contexte, lui, est porteur : le commerce a enregistré 172 600 créations d’entreprises en 2025, en progression de 11% sur un an, sur un total de 1 165 800 créations tous secteurs (INSEE, janvier 2026).

2. Poste 1 : accéder au local

C’est le premier poste, et celui qui structure tous les autres. Quatre lignes le composent.

Le loyer. Les données publiques portent presque exclusivement sur les emplacements prime. À titre de repère, les loyers des grandes artères s’échelonnent de 17 000 à 18 000 €/m²/an sur les Champs-Élysées à 2 500 €/m²/an rue de la République à Lyon ou rue Sainte-Catherine à Bordeaux, et 1 400 €/m²/an rue Saint-Ferréol à Marseille en zone A (Cushman & Wakefield, premier semestre 2026). En périphérie, les petits centres commerciaux se situent autour de 525 €/m²/an, les retail parks de nouvelle génération à 470 € et les boîtes commerciales à 260 €.

Pour un centre-ville de ville moyenne, en revanche, aucun observatoire public ne publie de loyer. Les seules données accessibles viennent d’agrégateurs d’annonces, qui reflètent des loyers demandés et non signés. À Brive-la-Gaillarde par exemple, la moyenne communale relevée en septembre 2026 s’établit à 135 €/m²/an dans une fourchette de 84 à 209 €/m²/an selon l’emplacement. Autrement dit, l’écart entre une artère prime et un centre-ville de ville moyenne se compte en dizaines de fois, ce qui rend toute transposition dangereuse. Notre article sur la façon de négocier son loyer commercial face aux prétentions du bailleur détaille la méthode de comparaison à appliquer localement.

Pour convertir un loyer au mètre carré en charge mensuelle réelle, encore faut-il une surface de référence. L’INSEE en donne une, par segment : la France compte 274 352 points de vente de commerce de détail, d’une surface moyenne de 266 m², mais cette moyenne recouvre des réalités très différentes, avec 80 m² en moyenne pour un commerce alimentaire spécialisé, 158 m² en équipement de la personne et 744 m² en alimentaire non spécialisé (mesure 2022, publiée en septembre 2025). Un commerce de bouche de 80 m² loué 135 €/m²/an, c’est donc environ 900 € de loyer mensuel.

Le dépôt de garantie. La règle vient de changer, et dans le bon sens pour le locataire. La loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique plafonne le dépôt de garantie et les sûretés associées à un trimestre de loyer, pour les baux conclus ou renouvelés depuis son entrée en vigueur, et impose au bailleur de le restituer dans les trois mois suivant la remise des clés. Le même texte permet au locataire à jour de ses paiements de demander un règlement mensuel du loyer plutôt que trimestriel, ce qui allège la trésorerie de démarrage.

Le pas-de-porte et le droit au bail. Le premier est versé au bailleur, le second au locataire sortant. Les deux sont juridiquement définis, mais aucune statistique nationale n’en publie les montants : ils se négocient au cas par cas selon l’emplacement et l’état du marché local.

Les honoraires d’agence. Pour une location, les barèmes publiés par les réseaux spécialisés convergent autour de 30% d’un loyer annuel hors taxes au total, généralement réparti entre bailleur et preneur, avec un plancher souvent fixé à 1 500 € HT par partie. Pour une cession de bail, comptez 10 à 20% du montant de la cession selon l’agence.

Bon à savoir : l’indice des loyers commerciaux, qui pilote l’indexation des baux, s’établit à 137,16 au deuxième trimestre 2026, en progression de 1,40% sur un an (INSEE). C’est cet indice qu’il faut faire figurer dans le bail et intégrer dans un prévisionnel à trois ans, plutôt qu’un loyer figé.

3. Poste 2 : racheter un fonds de commerce

La reprise est une alternative souvent plus sûre que la création, et elle est mieux documentée. Sur les 29 766 ventes et cessions de fonds de commerce enregistrées au BODACC en 2025, le prix moyen s’établit à 241 781 € et le prix médian à 112 700 € (Altares, juin 2026). L’écart entre les deux s’explique par quelques secteurs très valorisés.

Prix moyen de cession en 2025 Par activité Par taille de commune
Le plus élevé Pharmacie 1 222 445 € Villes de plus de 100 000 habitants : 288 307 €
Intermédiaire Tabac 366 155 € · Boulangerie 258 604 € · Bar 241 863 € Villes moyennes : 263 809 € · Petites villes : 234 206 €
Le plus accessible Restaurant traditionnel 212 001 € Villages : 177 713 €

À ce prix s’ajoutent les droits d’enregistrement, dus par l’acquéreur sauf clause contraire. Le barème est progressif et s’applique fraction par fraction, pas dès le premier euro.

Fraction du prix Taux
Jusqu’à 23 000 € 0%
De 23 001 € à 200 000 € 3%
Au-delà de 200 000 € 5%

Le minimum de perception est de 25 €. Concrètement, pour un fonds cédé 300 000 €, les droits s’élèvent à 10 310 €. Deux régimes de faveur existent : un taux réduit à 1% jusqu’à 107 000 € en zone France Ruralités Revitalisation, sous engagement d’exploiter cinq ans, et un abattement de 500 000 € en cas de cession à un salarié présent depuis deux ans ou à un membre proche de la famille, sous le même engagement.

Le prix lui-même se négocie souvent à partir de barèmes sectoriels exprimés en pourcentage du chiffre d’affaires. Attention toutefois : ces barèmes sont des usages professionnels, pas des références officielles. Aucun barème public n’existe, y compris dans les guides de l’administration fiscale, qui valident la méthode sans publier de grille. Notre article sur comment bien évaluer la valeur d’un fonds de commerce détaille les méthodes de valorisation.

Dernier argument, et il est de poids : les commerces repris par cession de fonds affichent un taux de survie à trois ans de 91,1%, contre 82% pour les créations (Altares, 2025).

4. Poste 3 : les coûts que personne ne chiffre publiquement

Autant être direct, parce que c’est rarement dit : pour quatre postes majeurs du budget d’ouverture, il n’existe aucune statistique publique française ni aucune étude professionnelle accessible. Les fourchettes que l’on trouve en ligne proviennent de blogs d’éditeurs de logiciels ou de modèles de business plan, sans méthodologie. Les reprendre dans un prévisionnel expose à une mauvaise surprise.

Les quatre postes à chiffrer sur devis, jamais sur moyenne

  • ▪️ Les travaux et l’aménagement. Aucune donnée française par mètre carré pour un local commercial. Les seuls repères disponibles portent sur des locaux tertiaires parisiens et ne sont pas transposables à un agencement de magasin.
  • ▪️ La mise aux normes accessibilité. Aucun coût moyen documenté. Le plafond de 20 000 € du Fonds territorial d’accessibilité est un plafond d’aide, pas une mesure de coût réel.
  • ▪️ L’enseigne et la vitrine. Aucune source chiffrée identifiable sur l’achat et la pose.
  • ▪️ Le matériel professionnel. Aucune statistique par type de commerce. Les chiffrages qui circulent viennent de fournisseurs, donc de parties prenantes à la vente.

La méthode qui fonctionne est simple, et c’est celle que nous appliquons avec les porteurs de projet. Faites établir trois devis par poste, sur le local réellement visité et non sur un plan théorique. Et arbitrez tôt entre coque nue et local déjà aménagé, car l’écart de coût de reprise peut représenter plusieurs mois de trésorerie : notre comparatif entre un local en coque nue et un local aménagé pose les termes de ce choix.

Le stock initial, lui, se calcule avec un ratio officiel

C’est l’exception, et elle est précieuse. Le stock est souvent le deuxième poste du budget après le local, et contrairement aux quatre précédents, il existe une méthode publique et robuste pour le dimensionner. La Banque de France publie chaque année, dans ses fascicules d’indicateurs sectoriels issus de la base FIBEN, le poids des stocks exprimé en jours de chiffre d’affaires hors taxes. Il suffit alors d’appliquer la formule : stock = chiffre d’affaires annuel HT prévisionnel multiplié par le nombre de jours, divisé par 365.

Secteur Premier quartile Médiane Troisième quartile
Commerce de détail 18,2 jours de CA 28,6 jours 49,0 jours
Commerce de gros 15,9 jours 43,1 jours 82,2 jours
Commerce et réparation automobile 31,6 jours 58,4 jours 90,0 jours

Ces ratios portent sur l’exercice 2024 et ont été mis en ligne en novembre 2025, sur un échantillon de 38 370 entreprises pour le seul commerce de détail. Un exemple concret : un commerce de détail qui vise 200 000 € de chiffre d’affaires hors taxes dimensionne son stock initial autour de 15 700 €, dans une plage raisonnable de 10 000 à 26 800 € selon la rotation de son assortiment. C’est autrement plus fiable qu’un pourcentage trouvé dans un modèle de business plan, et c’est un chiffre qu’une banque reconnaît.

Trois autres ratios médians du commerce de détail méritent d’entrer dans le prévisionnel, toujours sur l’exercice 2024 : un taux de marge commerciale de 27,4%, un délai de règlement des fournisseurs de 34,3 jours et un délai clients de seulement 4,3 jours. Cet écart entre les deux délais est la bonne nouvelle du commerce de détail : le client paie comptant quand le fournisseur est réglé un mois plus tard, ce qui rend le besoin en fonds de roulement d’exploitation quasi nul, 0,9 jour de chiffre d’affaires en médiane.

Même remarque sur la trésorerie de démarrage. La règle des « trois à six mois de charges d’avance » circule partout, mais aucune source institutionnelle française ne la formule, ni Bpifrance Création, ni la Banque de France, ni les réseaux d’accompagnement. La seule recommandation officielle sourçable consiste à bâtir un plan de trésorerie glissant, mois par mois, en intégrant les décalages d’encaissement.

5. Poste 4 : les frais de création et les charges fixes

Bonne nouvelle, c’est le poste le plus prévisible, car largement tarifé par des textes publics. Les frais d’immatriculation sont faibles : 44,27 € HT d’émolument de greffe pour une société commerciale, 36,23 € HT pour une entreprise individuelle commerciale, auxquels s’ajoutent 5,90 € TTC de diffusion au Registre national des entreprises. La publication au BODACC est gratuite à l’immatriculation, et les micro-entrepreneurs sont dispensés des droits INPI. Ces tarifs sont ceux en vigueur au 1er mars 2026.

Viennent ensuite les charges récurrentes, à intégrer dès le prévisionnel de la première année.

Charge Montant Nature de la donnée
Cotisation foncière des entreprises Base minimum de 250 à 597 € pour un chiffre d’affaires inférieur à 10 000 €, jusqu’à 250 à 7 769 € au-delà de 500 000 € Barème officiel 2026, montant voté par la commune
Taxe sur la publicité extérieure (enseigne) 18,90 à 37,70 €/m²/an pour une enseigne de 12 m² ou moins, selon la taille de la commune Barème maximal officiel 2026. Taxe facultative, instituée ou non par la commune
SACEM et SPRE (musique en boutique) Minimum annuel SACEM de 107,22 € HT pour un commerce, SPRE de 110,60 € HT pour un commerce de détail de 0 à 2 salariés Barème réglementaire pour la SPRE au 1er janvier 2026, minima SACEM publiés
Permis d’exploitation (débit de boissons) Formation de 20 heures minimum sur trois jours, jusqu’à environ 1 000 € Obligation officielle, coût de formation variable selon l’organisme
Logiciel ou système de caisse conforme Obligatoire si vous êtes assujetti à la TVA et encaissez des règlements de particuliers. 7 500 € d’amende par logiciel non justifié Obligation officielle. Sont exclus la franchise en base de TVA, dont les micro-entrepreneurs, et l’activité exclusivement entre professionnels
Expert-comptable et assurance Ordres de grandeur annoncés par les prestataires : 80 à 250 € HT par mois pour la comptabilité, 300 à 1 500 €/an pour une multirisque de commerce de détail Estimations de prestataires, à faire chiffrer, pas des statistiques

Bon à savoir, une information périmée qui circule encore : la suppression de l’auto-certification des logiciels de caisse, annoncée pour le 1er septembre 2026, a été annulée par l’article 125 de la loi de finances pour 2026 du 19 février 2026. L’attestation individuelle de l’éditeur reste donc admise, au même titre qu’un certificat d’organisme accrédité. À noter pour les métiers de bouche : une balance poids-prix qui mémorise les encaissements entre dans le champ de l’obligation, une balance sans mémorisation n’y entre pas.

6. Financer : apport, crédit et dispositifs d’aide

Une fois le besoin chiffré, reste à le couvrir. Bpifrance Création indique qu’il n’existe aucune norme légale d’apport personnel, mais qu’un ratio d’environ 30% du besoin de financement est attendu par les banques dans la majorité des cas. Côté coût de l’argent, le taux moyen des crédits nouveaux de moins d’un million d’euros aux sociétés non financières s’établit à 3,86% en juillet 2026 (Banque de France).

Trois leviers permettent de renforcer cet apport, et ils se cumulent.

Le prêt d’honneur d’abord, à taux zéro et sans garantie personnelle : le réseau Initiative France a décaissé 179 M€ en 2025 auprès de 20 299 entreprises, dont 4 940 commerces, pour un montant moyen de 10 000 €, avec un effet de levier bancaire de huit fois le montant prêté et un taux de pérennité à trois ans de 91% pour les entreprises accompagnées.

Le microcrédit professionnel ensuite, pour les projets qui n’accèdent pas au crédit bancaire classique : l’Adie propose de 300 à 15 000 €, à un taux à partir de 8,4% au 6 juillet 2026, sur une durée pouvant aller jusqu’à 48 mois avec un différé de trois mois, assorti d’une contribution de solidarité de 6% du montant. Le réseau a accordé 30 971 microcrédits professionnels en 2025.

La garantie Bpifrance enfin, qui couvre 60% du montant du prêt en création comme en transmission, y compris pour la reprise d’un fonds de commerce, la création en franchise et le besoin en fonds de roulement. Précision utile : cette garantie protège la banque, pas l’emprunteur.

Bon à savoir, une erreur à ne pas reproduire : l’ACRE n’est plus une exonération de 50%. Depuis le 1er janvier 2026, elle s’élève à 25% des cotisations maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base et invalidité-décès, pour des revenus inférieurs à 36 045 €, dégressive jusqu’à 48 060 € et nulle au-delà. Elle dure 12 mois, n’est plus automatique et doit être demandée à l’URSSAF dans les 60 jours. La CSG-CRDS, la formation professionnelle et la retraite complémentaire restent dues.

Deux dispositifs complètent le montage. L’ARCE permet aux demandeurs d’emploi créateurs de percevoir 60% du reliquat de leurs droits, moins 3% au titre de la retraite complémentaire, versés en deux fois. Et le Fonds territorial d’accessibilité couvre 50% des dépenses hors taxes de mise en accessibilité, dans la limite de 20 000 €, plus 500 € pour le diagnostic, pour les établissements recevant du public de cinquième catégorie créés avant le 20 septembre 2023. Pour construire l’ensemble, notre guide pour construire un plan de financement solide pour sa première boutique détaille la mécanique.

À retenir

  • Il n’existe pas de budget moyen : 37,5% des créateurs de la cohorte 2022 déclaraient démarrer sans moyens financiers, quand 39,1% des créateurs en société mobilisaient 16 000 € ou plus.
  • Quatre postes sont vraiment tarifés et vérifiables : droits d’enregistrement (0%, 3%, 5%), frais d’immatriculation (36 à 45 € HT), CFE et taxes locales, coût du crédit (3,86% en juillet 2026).
  • Quatre postes ne le sont pas du tout : travaux, accessibilité, enseigne et matériel professionnel. À chiffrer sur devis, sur le local réel, jamais sur une moyenne trouvée en ligne.
  • Le stock, lui, se calcule : la Banque de France publie le poids des stocks en jours de chiffre d’affaires, soit 28,6 jours en médiane dans le commerce de détail. Un projet à 200 000 € de chiffre d’affaires dimensionne son stock autour de 15 700 €.
  • Le dépôt de garantie est désormais plafonné à un trimestre de loyer, avec restitution sous trois mois, et le paiement mensuel du loyer peut être demandé.
  • L’apport se construit : 30% attendus par les banques, renforçables par un prêt d’honneur à 10 000 € en moyenne, un microcrédit jusqu’à 15 000 € et une garantie Bpifrance à 60%.

Questions fréquentes

Q : Quel apport personnel faut-il pour ouvrir un commerce ?

R : Il n’existe pas de norme légale, mais Bpifrance Création indique qu’un ratio d’environ 30% des besoins financiers est attendu par les banques dans la majorité des cas (mai 2026). Cet apport peut être renforcé par un prêt d’honneur à taux zéro, dont le montant moyen s’élève à 10 000 € chez Initiative France, qui a financé 4 940 commerces en 2025 avec un effet de levier bancaire de huit fois. Le microcrédit professionnel de l’Adie, de 300 à 15 000 €, n’exige aucun apport minimum. Pour situer le coût du crédit : 3,86% sur les crédits nouveaux de moins d’un million d’euros en juillet 2026.

Q : Quels sont les droits d’enregistrement sur l’achat d’un fonds de commerce ?

R : Le barème est progressif et s’applique fraction par fraction : 0% jusqu’à 23 000 €, 3% de 23 001 à 200 000 €, et 5% au-delà, avec un minimum de perception de 25 €. Pour un fonds cédé 300 000 €, les droits s’élèvent donc à 10 310 €. Ils sont dus par l’acquéreur, sauf clause contraire de l’acte. Un taux réduit à 1% s’applique jusqu’à 107 000 € en zone France Ruralités Revitalisation, et un abattement de 500 000 € existe en cas de cession à un salarié présent depuis deux ans ou à un proche, sous engagement d’exploiter cinq ans.

Q : Combien coûte l’immatriculation d’un commerce ?

R : Les frais de registre sont faibles et publics : 44,27 € HT d’émolument de greffe pour une société commerciale, 36,23 € HT pour une entreprise individuelle commerciale, plus 5,90 € TTC de diffusion au Registre national des entreprises. La publication au BODACC est gratuite à l’immatriculation et les micro-entrepreneurs sont dispensés des droits INPI. Ces tarifs sont ceux en vigueur au 1er mars 2026. S’y ajoutent, pour une société, l’annonce légale et la déclaration des bénéficiaires effectifs.

Q : Quel dépôt de garantie un bailleur peut-il exiger ?

R : Depuis la loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, le dépôt de garantie et les sûretés associées ne peuvent excéder un trimestre de loyer, pour les baux conclus ou renouvelés depuis l’entrée en vigueur du texte. Le bailleur doit le restituer dans les trois mois suivant la remise des clés. La même loi permet au locataire à jour de ses paiements de demander le paiement mensuel du loyer plutôt que trimestriel, ce qui allège sensiblement la trésorerie de démarrage.

Q : Comment chiffrer son stock initial ?

R : Avec un ratio officiel plutôt qu’un pourcentage approximatif. La Banque de France publie chaque année, dans ses fascicules d’indicateurs sectoriels, le poids des stocks exprimé en jours de chiffre d’affaires hors taxes. Dans le commerce de détail, la médiane s’établit à 28,6 jours sur l’exercice 2024, avec un premier quartile à 18,2 jours et un troisième à 49,0 jours, sur un échantillon de 38 370 entreprises. La formule est simple : chiffre d’affaires annuel hors taxes prévisionnel multiplié par le nombre de jours, divisé par 365. Un commerce visant 200 000 € de chiffre d’affaires dimensionne donc son stock autour de 15 700 €, dans une plage de 10 000 à 26 800 € selon la rotation de son assortiment.

Q : Vaut-il mieux créer ou reprendre un commerce ?

R : Les données plaident pour la reprise. Les commerces acquis par cession de fonds affichent un taux de survie à trois ans de 91,1%, contre 82% pour les créations (Altares, données 2025). Sur le long terme, l’INSEE mesure un taux de pérennité à cinq ans de 64% dans le commerce, le plus faible de tous les secteurs, contre 69% toutes activités confondues, sur la cohorte des entreprises créées en 2018. Le prix médian d’un fonds s’établit à 112 700 € en 2025, et descend à 177 713 € de moyenne dans les villages contre 288 307 € dans les villes de plus de 100 000 habitants.

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Sources et références

Chaque montant de cet article est daté et rattaché à sa source. Les postes non documentés publiquement sont signalés comme tels dans le corps de l’article.

1
INSEE Première n° 2092, « Les créations d’entreprises en 2025 »

Publié le 28 janvier 2026 · 1 165 800 créations tous secteurs, 172 600 dans le commerce (+11%)
2
INSEE, enquête SINE 2022, moyens financiers au démarrage

Cohorte 2022, publiée le 3 octobre 2024 · 37,5% sans moyens financiers, 12,4% avec 16 000 € ou plus
3
Altares, « Ventes et cessions de fonds de commerce en 2025 » (données BODACC)

Publié le 15 juin 2026 · 29 766 cessions, prix moyen 241 781 €, médian 112 700 €, prix par secteur et par taille de commune
4
Service-Public Entreprendre, droits d’enregistrement sur une cession d’entreprise

Fiche vérifiée le 21 février 2026 · Barème 0%, 3%, 5%, minimum de 25 €, régimes de faveur
5
Banque de France, Stat Info « Financement des entreprises »

Données de juillet 2026, publiées le 9 septembre 2026 · Taux moyen de 3,86% sur les crédits nouveaux de moins d’un million d’euros
6
Bpifrance Création, apport personnel attendu pour financer une création

Mis à jour le 6 mai 2026 · Ratio d’environ 30% du besoin de financement
7
Initiative France, rapport d’impact 2025

Publié le 24 juin 2026 · 179 M€ de prêts d’honneur, 4 940 commerces financés, montant moyen 10 000 €, effet de levier de huit
8
URSSAF, exonération ACRE pour les créateurs

En vigueur depuis le 1er janvier 2026, page du 15 juin 2026 · Exonération de 25%, plafonds de 36 045 € et 48 060 €, demande sous 60 jours
9
INSEE, indice des loyers commerciaux, deuxième trimestre 2026

Publié le 23 septembre 2026 · Indice à 137,16, en progression de 1,40% sur un an
10
Banque de France, fascicules d’indicateurs sectoriels (base FIBEN)

Exercice 2024, mis en ligne en novembre 2025, 38 370 entreprises pour le commerce de détail · Poids des stocks en jours de chiffre d’affaires, marge commerciale, délais clients et fournisseurs
11
INSEE, les points de vente du commerce de détail

Mesure 2022, publiée le 26 septembre 2025 · 274 352 points de vente, surface moyenne de 266 m², surfaces par segment
12
Service-Public Entreprendre, logiciels de caisse et auto-certification

Actualité du 24 février 2026 · Suppression de l’auto-certification annulée par l’article 125 de la loi de finances pour 2026, amende de 7 500 € par logiciel

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Amy Dauphin est responsable de la mission commerce au sein du Pôle Implantation Commerce (PIC). Forte de sa connaissance approfondie des besoins des territoires, elle qualifie les projets d’implantation et maîtrise les réseaux d’enseignes et de franchises en développement. Depuis 2022, elle a accompagné plus de 500 projets d’implantation à travers la France, en partenariat avec les CCI, les collectivités et les réseaux de franchise. Amy partage régulièrement son expertise à travers des articles et guides pratiques destinés aux entrepreneurs et aux décideurs locaux.

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