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Vacance commerciale en centre-ville : comment identifier et activer les locaux vides ?


 

Pour un élu ou un technicien en développement économique, le taux de vacance commerciale est souvent le thermomètre le plus visible de la santé d’un territoire. Une “dent creuse” dans une rue passante, c’est un signal négatif envoyé aux consommateurs et aux investisseurs potentiels. C’est le syndrome de la vitre brisée : un local vide en appelle souvent un autre si rien n’est fait.

Pourtant, la vacance ne doit pas être subie. Elle doit se piloter. Passer d’une posture d’observation (“nous avons 12% de vacance”) à une posture de commercialisation active est indispensable dans le contexte concurrentiel actuel. Les enseignes et les porteurs de projets indépendants sont sollicités de toutes parts : c’est au territoire de savoir “vendre” ses cellules disponibilités.

Voici une méthodologie opérationnelle pour transformer votre portefeuille de locaux vides en offre immobilière attractive.

1. Sortir du flou : qualifier la vacance pour mieux agir

Avant de vouloir “remplir” à tout prix, il faut comprendre pourquoi c’est vide. Trop de collectivités disposent d’un simple listing Excel des locaux inoccupés, sans analyse qualitative.

Pour agir, vous devez segmenter votre vacance en trois catégories distinctes :

  • La vacance frictionnelle (0 à 6 mois) : C’est la respiration naturelle du marché. Le turn-over est sain. Ici, l’action publique est inutile, le marché se régule seul.
  • La vacance conjoncturelle (6 mois à 2 ans) : Le local ne trouve pas preneur à cause d’un prix trop élevé, de travaux nécessaires ou d’un contexte économique local temporairement dégradé. C’est ici que l’accompagnement de la collectivité (médiation, aides) est le plus efficace.
  • La vacance structurelle (plus de 2 ans) : C’est le “noyau dur”. Souvent des locaux obsolètes, trop petits, sans extraction, ou appartenant à des propriétaires indivisaires ou désintéressés. Sur ces biens, une intervention lourde (fusion de cellules, voire rachat via une foncière) est souvent nécessaire.
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L’action terrain : Ne restez pas derrière vos écrans. La donnée réelle est dans la rue. Le cadastre ne vous dira pas que le local du 12 rue de la République est vide parce que le propriétaire refuse de mettre aux normes l’électricité.

2. Le défi majeur : mobiliser le parc privé

C’est la difficulté numéro un des managers de centre-ville : vous ne possédez pas les murs. Vous êtes dépendants de propriétaires privés qui ont parfois des logiques patrimoniales déconnectées de la réalité économique de votre ville.

Certains propriétaires préfèrent laisser un local vide plutôt que de baisser un loyer facial, par peur de dévaloriser la valeur vénale de leur bien. D’autres sont tout simplement injoignables ou en conflit familial.

Comment les réactiver ?

  • La pédagogie par la preuve : Fournissez-leur des données de marché (valeurs locatives moyennes dans la rue, taux de passage). Montrez-leur qu’un loyer de 2026 n’est plus celui de 2010.
  • L’incitation fiscale : La mise en place de la THLV (Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants) ou de la taxe sur les friches commerciales peut servir d’électrochoc pour les propriétaires qui font de la rétention foncière.
  • L’incitation aux travaux : Proposer des subventions pour la rénovation des vitrines, l’accessibilité ou le ravalement de façade est un excellent levier pour renouer le dialogue et exiger, en contrepartie, un loyer modéré pour le futur exploitant.

3. Construire une “Offre Territoriale” lisible

Un porteur de projet qui cherche à s’implanter ne cherche pas juste “un local commercial”. Il cherche un environnement commercial. Si vous vous contentez de lui envoyer une liste d’adresses et de numéros de téléphone de propriétaires, vous ne faites pas pleinement votre travail d’attractivité.

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Vous devez packager vos locaux vacants comme des produits :

  • Fiches techniques précises : Surface de vente, surface de réserve, état du bâti, conditions financières, flux piéton devant la vitrine.
  • Environnement commercial : Qui sont les voisins ? Quelles sont les locomotives à proximité ? Où sont les parkings ?
  • L’argumentaire de ville : Pourquoi s’installer chez vous maintenant ? (Projets urbains en cours, dynamique démographique, zone de chalandise).

C’est en professionnalisant cette présentation que vous rassurerez les franchisés et les banques qui financeront les indépendants.

4. Le sourcing : aller chercher les porteurs de projets

Une fois votre stock identifié et qualifié, il ne faut pas attendre que le téléphone sonne en mairie. L’attentisme est l’ennemi de la revitalisation.

Cependant, sourcer des candidats qualifiés est chronophage. Filtrer les “rêveurs” sans apport des véritables entrepreneurs demande du temps et des outils.

C’est ici que la collaboration avec Pôle Implantation Commerce prend tout son sens. Notre rôle est de capter, en amont, les porteurs de projets (commerçants, artisans, franchisés) qui sont en phase de recherche active. Nous qualifions la maturité de leur projet (apport financier, expérience, état d’avancement du business plan) et leurs critères d’implantation. En travaillant avec nous, vous recevez des profils ciblés qui correspondent à votre typologie de ville et à vos locaux vacants disponibles. Nous agissons comme un apporteur d’affaires pour le territoire, vous permettant de vous concentrer sur ce que vous faites le mieux : l’accueil, l’ingénierie d’installation et le “closing” avec le propriétaire.

5. Traiter la vacance visuelle en attendant l’installation

La recommercialisation prend du temps. Entre la détection d’un porteur de projet et l’ouverture, il s’écoule souvent 6 à 12 mois. Pendant ce temps, le local ne doit pas renvoyer une image d’abandon.

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Agissez sur le visuel par exemple avec la vitrophanie : Habillez les vitrines vides avec des visuels qualitatifs vantant la ville, l’histoire locale ou mettant en avant le parcours marchand. Cela coûte peu cher et change la perception de la rue.

Conclusion

La vacance commerciale en centre-ville n’est pas une fatalité irréversible. C’est souvent le résultat d’une inadéquation entre une offre immobilière vieillissante et une demande commerciale qui a muté. Le rôle de la collectivité est de fluidifier ce marché : en rassurant les propriétaires, en modernisant l’offre et en allant chercher, avec les bons partenaires, les commerçants de demain.

L’attractivité ne se décrète pas, elle se construit local par local.

Vous avez les locaux, il vous manque les porteurs de projets ?

Identifier la vacance est une première étape, la commercialiser en est une autre. Sourcer des candidats qualifiés demande du temps et des réseaux.

Souhaitez-vous que nous orientions les entrepreneurs et enseignes que nous accompagnons (indépendants, franchisés) vers vos opportunités de centre-ville ?

Référencer mes locaux vacants

amy-dauphin-pic

Forte d’une expérience de plusieurs années en développement économique, Amy accompagne les enseignes et les porteurs de projet dans leur projet d’implantation d’activités économiques ou commerciales. Sa capacité à comprendre vos enjeux et sa connaissance des territoires font d’Amy un atout à la réussite de votre implantation.

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