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Municipales 2026 : les clés pour faire du commerce de proximité une priorité


Élus locaux et commerçants échangeant devant des boutiques de centre-ville lors d'une réunion sur la redynamisation commerciale

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 placent le commerce de proximité au cœur des enjeux électoraux : 66% des Français considèrent la revitalisation commerciale comme la priorité n°1 du prochain mandat. Avec un taux de vacance commerciale qui atteint 11,6% au niveau national et plus de 5 milliards d’euros déjà mobilisés par l’État, les collectivités disposent aujourd’hui d’un arsenal de dispositifs et d’outils pour transformer durablement leur tissu commercial.

1. Pourquoi le commerce de proximité est-il l’enjeu n°1 des municipales 2026 ?

Une vacance commerciale qui atteint des records

Les chiffres du Codata Digest 2026 dressent un constat sans appel : la vacance commerciale a doublé en dix ans, passant d’environ 7% en 2014 à 11,6% tous formats confondus fin 2025. Les centres commerciaux sont les plus touchés avec un taux de 16,8%, tandis que les pieds d’immeubles en centre-ville atteignent 11,7%.

Format commercial Taux 2024 Taux 2025 Évolution
Tous formats confondus 10,7% 11,6% +0,9 pt
Pieds d’immeubles (centres-villes) 10,8% 11,7% +0,9 pt
Centres commerciaux 16,0% 16,8% +0,8 pt
Zones commerciales (périphérie) 7,4% 8,4% +1,0 pt

Les disparités régionales sont marquées : la Bretagne affiche le taux le plus bas à 9,8%, tandis que l’Occitanie atteint 13,4%. Cette réalité impose aux équipes municipales de faire du diagnostic commercial un préalable à toute stratégie territoriale.

Le commerce, attente n°1 des électeurs

Selon les enquêtes réalisées en amont des municipales 2026, 66% des Français jugent la revitalisation du centre-ville prioritaire pour le prochain mandat. Le commerce de proximité structure l’attractivité résidentielle, l’emploi local, les flux de mobilité et l’image du territoire. Avec environ 600 000 commerces de proximité qui représentent 1,5 million d’emplois et 18% du PIB français, l’enjeu est autant économique que social.

Chiffre clé : Le chiffre d’affaires du commerce indépendant a reculé de 2,2% au premier trimestre 2025, avec des baisses allant jusqu’à -3,1% dans les Hauts-de-France. Seule la région PACA reste en croissance (+0,4%).

2. Quels dispositifs nationaux les collectivités peuvent-elles mobiliser ?

Les programmes phares de l’État

Le gouvernement a déployé un arsenal de programmes pour accompagner les collectivités dans la revitalisation commerciale. En novembre 2025, 9 nouvelles mesures ont été annoncées autour de trois axes : financer, outiller et réguler.

Dispositif Périmètre Montants mobilisés
Action Cœur de Ville 244 communes ~5 Mds € depuis 2018
Petites Villes de Demain 1 646 communes 3 Mds € prévus, 1,1 Md € engagé
Foncières de redynamisation 72 foncières actives 300 M € + 100 M € en 2026
Managers de commerce 300+ postes déployés 20 M € (Banque des Territoires)
ZRCV 1 732 communes classées Exonérations fiscales locales

Les 9 mesures gouvernementales de novembre 2025

Financer la revitalisation

  • 100 M€ supplémentaires pour les foncières de redynamisation en 2026
  • 20 M€ pour pérenniser les postes de managers de commerce
  • Prolongement de l’axe commerce des programmes ACV, PVD et Villages d’Avenir

Outiller les collectivités

  • Outil “Diagnostiquer ma vacance commerciale” sur entreprendre.gouv.fr
  • Charte “Ville Commerçante” : engagements réciproques communes/commerçants
  • Gouvernance locale partagée entre élus, commerçants et acteurs du territoire

Réguler et protéger

  • Taxe de 2€ sur les petits colis inférieurs à 150€ (janvier 2026)
  • Renforcement des CDAC pour contrôler les implantations en périphérie
  • Soutien aux Zones de Revitalisation des Centres-Villes (ZRCV)

À savoir : Les Zones de Revitalisation des Centres-Villes (ZRCV) permettent aux collectivités d’accorder des exonérations de CFE, TFPB et CVAE aux commerçants qui s’installent. En 2026, 1 732 communes sont classées, mais le dispositif reste encore peu utilisé car méconnu des élus.

3. Quels outils juridiques et stratégiques sont à la disposition des élus ?

Documents d’urbanisme : PLU, SCoT et ORT

Les élus municipaux disposent de leviers puissants pour façonner leur paysage commercial :

  • Le PLU / PLUi permet de définir les zones commerciales, imposer la mixité fonctionnelle en rez-de-chaussée et préserver les linéaires commerciaux existants.
  • Le SCoT, à l’échelle intercommunale, fixe les orientations d’aménagement commercial via le Document d’Aménagement Artisanal et Commercial (DAAC), rendu obligatoire par la loi ELAN.
  • L’ORT (Opération de Revitalisation de Territoire) est une convention pluriannuelle entre la commune, l’EPCI, l’État et les partenaires, qui donne accès à des financements spécifiques et à des outils réglementaires renforcés.

Le droit de préemption commerciale

Les maires peuvent exercer un droit de préemption sur les fonds de commerce, les baux commerciaux et les terrains pour contrôler l’offre commerciale. Cet outil permet de maintenir la diversité et la qualité de l’offre en centre-ville, en évitant par exemple la concentration excessive de certaines activités (banques, agences immobilières) au détriment des commerces de bouche ou de proximité.

Le ZAN : contrainte ou opportunité pour les centres-villes ?

La loi Climat et Résilience impose l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de 50% de la consommation d’espaces d’ici 2031. La proposition de loi TRACE, votée par le Sénat en mars 2025, propose de reporter cet objectif intermédiaire à 2034.

Opportunité pour les élus : Le ZAN freine l’extension commerciale en périphérie et favorise la réhabilitation des friches et locaux vacants en centre-ville. Les collectivités qui anticipent cette contrainte transforment le ZAN en levier de redynamisation commerciale.

Le calendrier de mise en conformité est serré :

Document d’urbanisme Échéance de mise en conformité ZAN
SRADDET 22 novembre 2024 (déjà passé)
SCoT 22 février 2027
PLU / PLUi 22 février 2028

Pôle Implantation Commerce : un dispositif opérationnel pour attirer de nouvelles activités

Pour transformer ces outils juridiques et financiers en implantations commerciales concrètes, les collectivités peuvent s’appuyer sur Pôle Implantation Commerce (PIC), un dispositif national porté par Ancoris. Déjà mobilisé par une dizaine de territoires partenaires, PIC mutualise les efforts de prospection pour attirer de nouvelles activités en centre-ville et centre-bourg.

Le dispositif combine deux leviers complémentaires :

Prospection digitale

Via la plateforme, PIC met en visibilité le territoire et ses locaux commerciaux disponibles auprès d’investisseurs ciblés. Les porteurs de projets sont qualifiés par l’équipe prospection, qui transmet aux collectivités des cahiers des charges détaillés. Les offres immobilières sont également diffusées sur des réseaux immobiliers partenaires.

Prospection sortante

En parallèle, les équipes PIC mènent des campagnes de prospection ciblées (marketing direct, emailing, phoning, salons professionnels) vers les grandes enseignes et franchiseurs. Ces actions permettent de cibler des secteurs d’activité précis pour compléter l’offre commerciale du territoire : restauration, commerce de détail, santé et bien-être, loisirs, services de proximité.

Pour les élus : PIC accompagne tous types de porteurs de projets — enseignes nationales et internationales, franchiseurs, indépendants, professions libérales — et permet aux collectivités de bénéficier d’une force de prospection mutualisée sans mobiliser de ressources internes supplémentaires.

4. Comment les villes pionnières ont-elles réussi leur redynamisation ?

Des stratégies locales qui fonctionnent

Plusieurs collectivités ont démontré qu’une politique volontariste donne des résultats concrets. Voici les modèles à suivre :

Pau — 200 M€ investis

Bénéficiaire d’Action Cœur de Ville, Pau a injecté 200 millions d’euros pour repenser son centre-ville. Un collectif de commerçants créé en 2017 a alerté la municipalité sur la baisse de fréquentation, entraînant une mobilisation sans précédent. Résultat : hausse de la fréquentation et réouverture de commerces.

Albi — Le manager fait la différence

Le recrutement d’un manager de centre-ville dédié et l’accompagnement systématique des porteurs de projets ont permis de développer une stratégie intégrée habitat + commerce + attractivité touristique, capitalisant sur la cité épiscopale classée UNESCO.

Cahors — 22 M€ et une phase 2

La phase 1 d’Action Cœur de Ville (2018-2022) a mobilisé 22 millions d’euros d’investissements. La ville est entrée en phase 2 avec des ambitions renforcées, intégrant les enjeux de transition écologique et de mixité fonctionnelle.

Vesoul — L’innovation par l’occupation transitoire

L’expérimentation de mise à disposition temporaire de locaux vacants auprès d’artisans et commerçants locaux a fait ses preuves. Ce modèle reproductible permet de tester des concepts commerciaux à moindre risque tout en réduisant la vacance.

Les facteurs clés de succès identifiés

  • Un portage politique fort : l’engagement du maire et de l’équipe municipale est déterminant
  • Un manager de centre-ville pour coordonner les actions entre commerçants, propriétaires et collectivité
  • Une stratégie intégrée combinant habitat, mobilité, espaces publics et commerce
  • L’association des commerçants aux décisions dès la phase de diagnostic
  • Des actions concrètes rapides (occupation transitoire, événements) pour créer une dynamique visible

À retenir

  • 66% des Français font de la revitalisation commerciale la priorité n°1 des municipales 2026 (15 et 22 mars).
  • La vacance commerciale atteint 11,6% au niveau national et a doublé en dix ans, avec des pics à 16,8% dans les centres commerciaux.
  • 5 dispositifs nationaux majeurs sont mobilisables : Action Cœur de Ville (244 villes, 5 Mds €), Petites Villes de Demain (1 646 communes), foncières, managers de commerce et ZRCV.
  • Le ZAN constitue une opportunité pour les centres-villes en freinant l’extension périphérique et en encourageant la réhabilitation des locaux vacants.
  • Les villes qui réussissent combinent portage politique, manager de centre-ville, stratégie intégrée et association des commerçants aux décisions.

Questions fréquentes

Q : Comment une collectivité peut-elle financer la revitalisation de ses commerces ?

R : Plusieurs dispositifs sont cumulables : Action Cœur de Ville, Petites Villes de Demain, foncières de redynamisation (100 M€ supplémentaires en 2026), financement de managers de commerce (20 M€ via la Banque des Territoires), et exonérations fiscales via les ZRCV. Le Pôle Implantation Commerce accompagne gratuitement les collectivités dans l’identification des financements adaptés.

Q : Qu’est-ce qu’une Zone de Revitalisation des Centres-Villes (ZRCV) ?

R : Les ZRCV, qui couvrent 1 732 communes en 2026, permettent aux collectivités d’accorder des exonérations de CFE, TFPB et CVAE aux commerçants qui s’installent en centre-ville. Pour en bénéficier, la commune doit disposer d’une convention ORT et d’un revenu fiscal médian inférieur à la médiane nationale.

Q : Le ZAN empêche-t-il toute nouvelle implantation commerciale ?

R : Non. Le ZAN n’interdit pas la construction mais impose de compenser toute nouvelle artificialisation par une renaturation équivalente. Concrètement, il oriente le développement commercial vers la réhabilitation de friches et de locaux vacants en centre-ville plutôt que vers l’extension en périphérie.

Q : Quel est le rôle d’un manager de centre-ville ?

R : Le manager de centre-ville coordonne les actions entre commerçants, propriétaires et collectivité. Il définit et met en œuvre la politique commerciale locale, anime les associations de commerçants et est auditionné en CDAC. Plus de 300 managers sont en poste en France.

Q : Comment le Pôle Implantation Commerce accompagne-t-il les collectivités ?

R : Le PIC propose un accompagnement gratuit aux collectivités : diagnostic commercial du territoire, identification des locaux disponibles, mise en relation avec des enseignes et porteurs de projets, et conseil stratégique sur l’aménagement commercial.

Sources et références

Collectivités : redynamisez le commerce de votre territoire

Le Pôle Implantation Commerce accompagne gratuitement les élus et collectivités dans leur stratégie commerciale : diagnostic territorial, identification de locaux, mise en relation avec des enseignes.

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Forte d’une expérience de plusieurs années en développement économique, Amy accompagne les enseignes et les porteurs de projet dans leur projet d’implantation d’activités économiques ou commerciales. Sa capacité à comprendre vos enjeux et sa connaissance des territoires font d’Amy un atout à la réussite de votre implantation.

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