Commerce de prêt-à-porter : ces enseignes et boutiques qui réussissent malgré la crise

Le prêt-à-porter traverse une crise réelle : le marché français de l’habillement a reculé de 1,6% en volume en 2025, à 34,7 milliards d’euros (Institut Français de la Mode), et les défaillances de la mode ont progressé de 5% sur l’année (Alliance du Commerce). Pourtant, dans le même marché, des enseignes et des boutiques indépendantes ouvrent, se développent et gagnent des parts. Leur point commun n’est pas la chance, mais un positionnement clair. Tour d’horizon de réussites concrètes, dont celle de Maison Imua, accompagnée par le Pôle Implantation Commerce.
En bref
- Le marché de l’habillement recule (-1,6% en 2025), mais les réussites se concentrent sur le premium, le créateur et le made in France.
- Maison Imua a ouvert sa 31e boutique à Ancenis-Saint-Géréon en mars 2026, en plein cœur de ville, grâce à une mise en relation du Pôle Implantation Commerce.
- Des marques comme Ba&sh (+11% en France en 2025), Sézane, American Vintage ou Asphalte ouvrent des boutiques physiques et se développent.
- Facteurs de succès : positionnement différencié, omnicanal, expérience en boutique, communauté et bon emplacement.
Mise à jour : 1er juillet 2026
34,7 Md€
marché français de l’habillement en 2025, -1,6% (IFM)
+11%
croissance des ventes de Ba&sh en France en 2025 (FashionNetwork)
31e
boutique Maison Imua, ouverte à Ancenis en mars 2026
1. Un secteur sous pression, mais pas condamné
Impossible de le nier : le prêt-à-porter souffre. Depuis 2019, le parc de magasins des enseignes de mode a diminué d’environ 20%, dont plus de la moitié à cause de défaillances, selon l’Alliance du Commerce. L’année 2025 a encore vu des noms historiques vaciller : Jennyfer a été placée en liquidation judiciaire le 30 avril 2025 (environ 1 000 emplois menacés), tandis qu’IKKS, Princesse tam.tam et Comptoir des Cotonniers passaient en redressement. La pression vient de deux fronts : l’ultra fast fashion (Shein et Temu pèsent déjà 5% des achats d’habillement en volume) et la seconde main, qui représente désormais 18% des achats de mode en ligne (IFM, 2025).
Mais ce tableau en cache un autre. Le textile féminin premium a progressé de 6,6% depuis 2022, et la performance dépend fortement du positionnement et de l’emplacement. Autrement dit, ce ne sont pas les boutiques de prêt-à-porter qui disparaissent, mais un certain modèle de milieu de gamme indifférencié. À côté, tout un pan du secteur se porte bien.
2. Ces commerces de prêt-à-porter qui réussissent
Des enseignes nationales aux marques de créateurs, en passant par les commerces indépendants accompagnés par leur territoire, voici des réussites concrètes et récentes.
Maison Imua : une 31e boutique ouverte en plein cœur de ville
Maison Imua, enseigne française de prêt-à-porter féminin au positionnement accessible et qualitatif, compte plus de 30 boutiques, principalement dans l’Ouest de la France. En mars 2026, l’enseigne a ouvert son 31e point de vente à Ancenis-Saint-Géréon (44), en centre-ville. Le Pôle Implantation Commerce a facilité la mise en relation avec le service commerce de la Ville, permettant d’identifier un local visible et adapté. Projet transmis en décembre 2025, bail signé en janvier 2026, ouverture le 12 mars 2026 : un calendrier maîtrisé, pour une boutique qui connaît déjà un bon démarrage.
« Merci pour votre suivi, vos conseils avisés, votre réelle connaissance du marché et de nous avoir mis en relation avec la mairie d’Ancenis-Saint-Géréon, et tout particulièrement avec le service commerce. Cela nous a permis de nous engager sans hésiter sur un local en plein cœur de ville, afin d’ouvrir notre 31e boutique Maison Imua mi-mars 2026, qui connaît déjà un joli succès. »
Sézane, la pionnière du digital devenue physique
Née en ligne en 2013, la marque parisienne a fait le chemin inverse des enseignes en difficulté : elle ouvre des boutiques. En 2025, Sézane s’est installée à Marseille près du Vieux-Port et a testé un pop-up à Nantes. Son chiffre d’affaires est estimé par la presse autour de 500 millions d’euros.
Ba&sh, l’omnicanal qui accélère
Avec 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et environ 320 magasins, la marque a affiché +11% de ventes en France en 2025 (FashionNetwork). Le digital représente un quart de son activité : un équilibre boutiques et e-commerce assumé.
American Vintage, le maillage international
Fondée à Marseille en 2005, la marque compte environ 200 magasins dans le monde et réalise 60% de son activité hors de France, tout en restant autofinancée. Une preuve qu’une marque française de prêt-à-porter peut se développer sans surendettement.
Asphalte, la boutique comme média
Ce spécialiste de la vente par précommande a ouvert sa première boutique physique à Paris en septembre 2024 : 2,7 millions d’euros de ventes la première année (FashionNetwork). Une deuxième boutique permanente a suivi à Bordeaux.
Balzac Paris, la carte du made in France
La marque de mode responsable, qui met en avant sa production française, a connu une croissance de 30% en 2023 et ouvre des boutiques (Marais, Toulouse). Le retail y est présenté comme un vrai levier de croissance.
Les marques créateurs en plein essor
Selon The Good Goods (2025), plusieurs marques françaises progressent fortement : Sessùn (+17%), Soeur (+30%), Ysé (+40%), tandis que Polène a doublé son chiffre d’affaires entre 2023 et 2025. Le segment premium tire le marché.
« Le bilan 2025 montre que le commerce de mode fait preuve d’une réelle résilience. »
3. Quels sont leurs facteurs de succès communs ?
Derrière ces réussites, on retrouve des ingrédients récurrents. Aucun n’est magique, mais leur combinaison fait la différence dans un marché exigeant.
- Un positionnement différencié : premium, créateur ou made in France, plutôt qu’un milieu de gamme indifférencié. C’est précisément ce segment premium (textile féminin +6,6% depuis 2022) qui résiste le mieux.
- Un omnicanal maîtrisé : les marques qui réussissent équilibrent e-commerce solide et boutiques physiques, où le panier moyen est nettement supérieur.
- L’expérience en boutique : le point de vente devient un lieu d’expérience et de lien, pas seulement de transaction (Asphalte, Ba&sh, Maison Imua).
- Une communauté engagée : réseaux sociaux, storytelling de marque et parfois co-création avec les clients.
- Le bon emplacement : en 2026, la performance dépend fortement de la localisation. Un local visible en cœur de ville reste un atout décisif, comme l’illustre l’ouverture de Maison Imua.
Bon à savoir : plusieurs réussites récentes sont des marques nées en ligne qui ouvrent aujourd’hui des boutiques physiques (Sézane, Asphalte). Le magasin n’est pas dépassé : bien positionné et bien situé, il redevient un puissant levier de croissance et de notoriété.
À retenir
- Le marché de l’habillement recule (-1,6% en 2025), mais la crise frappe surtout le milieu de gamme indifférencié, pas tout le secteur.
- Maison Imua a ouvert sa 31e boutique à Ancenis en mars 2026, avec l’appui du Pôle Implantation Commerce pour trouver le local et dialoguer avec la Ville.
- Sézane, Ba&sh, American Vintage, Asphalte, Balzac Paris ou Sessùn illustrent la vitalité du premium, du créateur et du made in France.
- Le point de vente physique redevient un levier de croissance pour les marques nées en ligne.
- Positionnement clair, omnicanal, expérience et emplacement sont les clés communes des réussites.
Questions fréquentes
Q : Le prêt-à-porter est-il un secteur mort ?
R : Non. Le marché recule globalement (-1,6% en 2025), mais des enseignes et des boutiques se développent. La difficulté touche surtout le milieu de gamme indifférencié, tandis que le premium, le créateur et le made in France progressent.
Q : Pourquoi certaines marques de prêt-à-porter réussissent-elles ?
R : Elles partagent un positionnement clair et différencié, un bon équilibre entre boutiques et e-commerce, une expérience en magasin soignée, une communauté engagée et un emplacement bien choisi.
Q : Ouvrir une boutique physique a-t-il encore du sens en 2026 ?
R : Oui. Des marques nées en ligne comme Sézane ou Asphalte ouvrent des boutiques, car le point de vente génère un panier moyen supérieur et renforce la notoriété. Bien situé, il reste un levier de croissance.
Q : Comment trouver le bon local pour une boutique de prêt-à-porter ?
R : L’emplacement est déterminant. Le Pôle Implantation Commerce accompagne gratuitement les porteurs de projets pour analyser la zone de chalandise, identifier les locaux disponibles et faciliter le dialogue avec la collectivité, comme pour Maison Imua.
Sources et références
- IFM / FashionNetwork, bilan du marché de l’habillement 2025
- Alliance du Commerce, bilan 2025 et perspectives 2026
- FashionNetwork, Ba&sh, croissance 2025 en France
- FashionNetwork, Sézane s’installe à Marseille et Nantes
- FashionNetwork, Asphalte ouvre une seconde boutique à Bordeaux
- The Good Goods, ces marques françaises qui s’épanouissent (2025)
- Pôle Implantation Commerce, témoignage Maison Imua à Ancenis-Saint-Géréon (2026)

Amy Dauphin est responsable de la mission commerce au sein du Pôle Implantation Commerce (PIC). Forte de sa connaissance approfondie des besoins des territoires, elle qualifie les projets d’implantation et maîtrise les réseaux d’enseignes et de franchises en développement. Depuis 2022, elle a accompagné plus de 500 projets d’implantation à travers la France, en partenariat avec les CCI, les collectivités et les réseaux de franchise. Amy partage régulièrement son expertise à travers des articles et guides pratiques destinés aux entrepreneurs et aux décideurs locaux.
