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Comment construire un plan de financement solide pour sa première boutique ?


Vous avez le concept, vous avez peut-être même repéré une ville ou un quartier cible. C’est maintenant que la partie la plus critique commence : chiffrer la réalité.

Le plan de financement n’est pas un exercice administratif destiné à faire plaisir à votre banquier. C’est votre feuille de route. C’est l’outil qui vous permet de vérifier si votre projet tient debout ou s’il va vous mettre en danger dès les premiers mois. Pour une première ouverture de boutique, l’enthousiasme conduit souvent à sous-estimer la facture finale.

Voici comment bâtir un plan réaliste, en évitant les pièges dans lesquels tombent trop de nouveaux commerçants.

1. Comprendre la mécanique : les besoins face aux ressources

Un plan de financement se divise en deux colonnes qui doivent être parfaitement équilibrées :

  1. Les besoins : Tout ce que vous devez payer pour démarrer.
  2. Les ressources : Tout l’argent que vous pouvez mobiliser.

L’erreur classique est de penser que si le total des ressources couvre le prix du fonds de commerce et les travaux, c’est gagné. C’est faux. Si vous êtes à l’équilibre strict au démarrage, vous serez en difficulté au premier imprévu.

2. Lister les besoins : n’oubliez pas les frais “invisibles”

Quand on pense “besoins”, on pense immédiatement au local et au stock. C’est la partie visible de l’iceberg. Pour être crédible, votre plan doit aller beaucoup plus loin dans le détail.

Les investissements incorporels

C’est souvent là que l’argent file sans qu’on s’en aperçoive.

  • Les frais d’établissement : La rédaction des statuts, l’immatriculation, les annonces légales. Comptez large.
  • Le droit au bail ou le fonds de commerce : C’est souvent le poste le plus lourd. Attention, si vous reprenez un droit au bail, vérifiez bien ce que le bailleur autorise comme activités.
  • Les honoraires : Agent immobilier, avocat, expert-comptable pour le prévisionnel. Ces experts sécurisent votre parcours, mais ils ont un coût qu’il faut provisionner dès le jour 1.
  • La communication de lancement : Ouvrir sans budget pub, c’est comme faire une fête sans inviter personne. Site web, enseigne, flyers, campagne réseaux sociaux : chiffrez ces actions précisément.
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Les investissements corporels

Soyez concret. Ne mettez pas une ligne “Travaux : 20 000 €” au hasard. Faites venir des artisans.

  • L’agencement et les travaux : Sols, peinture, électricité, mais aussi mise aux normes PMR (Personnes à Mobilité Réduite) et sécurité incendie.
  • Le matériel professionnel : Caisse enregistreuse, logiciel de gestion, mobilier, éclairage spécifique (crucial pour le retail), système antivol.
  • Le véhicule : Si votre activité nécessite des livraisons.

Le stock de départ

C’est le nerf de la guerre. Trop de stock pèse sur la trésorerie, pas assez de stock vous fait rater des ventes. Le montant dépendra de votre rotation estimée, mais il doit être financé dès le départ.

3. Le BFR : le piège mortel au lancement

Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est la cause numéro un des défaillances de jeunes entreprises.

Pour faire simple : entre le moment où vous achetez votre marchandise (ou payez vos charges) et le moment où votre client vous paie, il y a un décalage. Vous devez avancer de l’argent.

  • Vous devez payer la TVA avant de vous la faire rembourser (si vous achetez du matériel).
  • Vous devez payer votre loyer d’avance.
  • Vous devez parfois payer vos fournisseurs comptant au début, car ils ne vous font pas encore confiance.

Votre plan de financement doit inclure une trésorerie de démarrage suffisante pour couvrir ce décalage pendant plusieurs mois. Si vous demandez un prêt en omettant cette ligne, un bon banquier vous le refusera pour vous protéger.

4. Les ressources : comment financer tout ça ?

Une fois la somme des besoins (Investissements + Stock + Trésorerie) calculée, il faut trouver l’argent.

L’apport personnel : la règle des 30%

Aujourd’hui, il est très difficile d’emprunter sans apport. Les banques demandent généralement entre 20% et 30% du montant total en fonds propres. Cet apport rassure la banque : il montre que vous croyez assez en votre projet pour y risquer vos propres économies. Il sert aussi à payer les frais que la banque ne finance pas (frais de dossier, stock, trésorerie).

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L’emprunt bancaire

Il finance prioritairement les immobilisations (travaux, matériel, achat du fonds). La durée de l’emprunt doit être cohérente avec la durée de vie du bien financé (généralement 7 ans pour un fonds de commerce ou des travaux lourds).

💡 Conseil de terrain :

Ne voir qu’une seule banque est une erreur. Présentez votre dossier à trois établissements. Les conditions (taux, garanties demandées) peuvent varier du simple au double.

Les prêts d’honneur et aides locales

Ne négligez pas les réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Ils proposent des prêts à taux zéro qui s’ajoutent à votre apport personnel. L’effet est double :

  1. Vous avez plus de “quasi-fonds propres”.
  2. La banque est rassurée car votre projet a été validé par un jury de chefs d’entreprise. C’est un levier puissant pour débloquer un emprunt bancaire plus conséquent.

5. L’impact du local sur votre plan de financement

C’est ici que la cohérence de votre projet se joue. Le choix de votre emplacement impacte directement vos colonnes “Besoins” et “Ressources”.

Chez Pôle Implantation Commerce, nous accompagnons tous les jours des porteurs de projet dans cette étape. Nous constatons souvent deux scénarios :

  1. L’emplacement N°1 (Centre-ville premium) : Le loyer est élevé, le droit au bail est cher. Vos besoins financiers explosent, mais vous pouvez théoriquement réduire le budget communication car le flux de passants est naturel.
  2. L’emplacement N°1 bis ou N°2 : Le ticket d’entrée est beaucoup plus faible. Cela allège votre plan de financement initial. En revanche, vous devrez injecter cet argent économisé dans un budget marketing plus musclé pour faire venir les clients à vous.

Il n’y a pas de mauvais choix, il n’y a que des choix qui doivent être chiffrés. Choisir un local brut de béton demandera moins d’argent à l’achat, mais une enveloppe travaux massive. Reprendre un local “clé en main” coûte plus cher au départ mais vous fait gagner trois mois de chiffre d’affaires.

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C’est pour cela que notre service gratuit d’aide à la recherche de locaux est utile : nous vous aidons à identifier des opportunités dans les territoires qui correspondent non seulement à votre concept, mais aussi à votre capacité de financement réelle.

6. Préparez-vous à défendre votre plan

Une fois le tableau rempli, vous devez le vendre. Lorsque vous serez face à un banquier ou un bailleur, ne vous contentez pas de lire les chiffres. Racontez l’histoire derrière les chiffres.

  • Expliquez pourquoi vous avez prévu ce montant pour les travaux (devis à l’appui).
  • Justifiez votre prévisionnel de vente par une étude de marché locale (comptage piéton, analyse de la concurrence dans la zone).
  • Montrez que vous avez gardé une marge de sécurité.

Un plan de financement solide est un plan pessimiste sur les recettes et réaliste sur les dépenses. Si votre projet est rentable avec des hypothèses basses, vous convaincrez n’importe quel partenaire financier. Si tout doit se passer “parfaitement” pour que ça passe, revenez à la table de travail.

Construire ce plan est fastidieux, c’est vrai. Mais c’est la première étape concrète de votre vie de chef d’entreprise. C’est le moment où vous prenez les commandes.

Vous avez le plan, il vous manque le lieu ?

Votre capacité d’emprunt définit quel type de local vous pouvez viser.
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Forte d’une expérience de plusieurs années en développement économique, Amy accompagne les enseignes et les porteurs de projet dans leur projet d’implantation d’activités économiques ou commerciales. Sa capacité à comprendre vos enjeux et sa connaissance des territoires font d’Amy un atout à la réussite de votre implantation.

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